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Portraits

JO-EL SONNIER

Né en octobre 1946 à Rayne, Louisiane, de parents agriculteurs, Jo-El Sonnier réside aujourd'hui à Nashville, Tenessee. Dès l'âge de 3 ans, il apprend l'accordéon sur l'instrument de son frère, parti au service militaire. A 6 ans, il anime déjà une émission de radio près de Crowley, tous les matins à 6h, après avoir donné à manger aux animaux de la ferme !… A 12 ans, il enregistre son premier disque, "Tee Yeux Bleu", pour le label Swallow, une chanson devenue depuis un classique du répertoire Cajun. Admirateur de l'accordéoniste Noir Amédé Ardoin et du grand Iry Lejeune, il s'inspire notamment du style vocal de ce dernier et débute une carrière de musicien dans les clubs Cajun du circuit louisianais (à cette époque, il joue jusqu'à 13 fois par semaine…). Parti vivre vers l'âge de 20 ans à Lake Charles, à la frontière du Texas, il rencontre le producteur Eddie Shuler, qui le pousse à intégrer à sa musique d'autres styles musicaux comme le rock n'roll, le gospel, la soul ou la country. Après un bout de chemin avec le mythique groupe de revival Cajun "Coteau" de Michael Doucet, et peut-être un peu lassé de constater que son modernisme musical n'obtient encore que peu d'écho en Louisiane, Jo-El décide de s'établir en Californie, où il se produit durant plusieurs années essentiellement en tant que batteur et bassiste de formations Country. Il n'en oublie pas pour autant sa Louisiane natale et écrit à cette époque plusieurs de ses plus belles chansons comme "Louisiana Blues" ou "Cajun Born". Remarqué par la grande maison de disques Mercury, établie à Nashville, il part s'installer dans cette ville où il réside toujours depuis. Tout en continuant à se produire dans des Festivals et à graver des disques en tant que musicien Cajun, Jo-El Sonnier est également un compositeur et un accordéoniste très recherché par de grands noms de la musique Country tels que Alan Jackson, Johnny Cash ou Dolly Parton. D.L.

 

JIMMY THIBODEAUX

Né en 1955 à Eunice, Louisiane, Jimmy Thibodeaux réside aujourd'hui à la Nouvelle Orléans. Il apprend l'accordéon dès l'âge de 6 ans auprès d'un de ses grands-oncles, le légendaire Ambrose Thibodeaux. C'est à l'occasion du nouvel an 1963 qu'il décroche son premier contrat, en remplaçant au pied levé un accordéoniste défaillant. Fier des 12 $ qu'il vient de gagner, mais aussi désireux de rembourser à son oncle Dudley les 200 $ que celui-ci lui a prêté pour s'offrir son premier accordéon, Jimmy ne cessera dorénavant de se produire chaque fin de semaine, avec l'aide de son père Ellis et les encouragements de personnalités telles que Shine Mouton ou Roy Fuselier. Recruté en 1969 par le célèbre chanteur - animateur de radio Camey Doucet, il se produit dans le groupe de ce dernier jusqu'en 1976, date à laquelle il part travailler dans les puits de pétrole pour 10 ans. De retour à la musique en 1986, il monte le groupe Gumbo, dont le CD sera nominé aux Grammy Awards. Il co-produit également à cette époque l'original CD "Mamou Comes to Town", en compagnie du chanteur Steve Lafleur. Peu de temps après, il est contacté par son homonyme, le violoniste Waylon Thibodeaux, pour se produire au Patout's Cajun Corner sur Bourbon Street à la Nouvelle Orléans. Aujourd'hui, Jimmy se produit toujours régulièrement dans cet établissement avec sa propre formation, quand il n'est pas en tournée aux Etats-Unis, en Amérique du Sud ou au Moyen-Orient. Disciple de Belton Richard, l'inventeur du Cajun Rock et admirateur de Clifton Chénier, Jimmy Thibodeaux distille une musique cajun énergique mâtinée de Zydeco. D.L.

 

BELTON RICHARD

Belton Richard est né dans la campagne près de Rayne (Louisiane) le 5 octobre 1939. C'est son père Claby qui lui donne ses premières leçons d'accordéon. L'instrument utilisé est celui de son frère, que ce dernier lui loue 1$ par jour !… Outre son père, qui joue dans l'orchestre d'Adam Hebert, ses Maîtres à jouer sont les grands Lawrence Walker et Aldus Roger. A 12 ans, Belton obtient ses premiers contrats, au Larry's Place de Crowley et au West End Bar de Lafayette. Il se produit ensuite souvent le dimanche après-midi au Horseshoeclub à Leonville, avec "Neg" Holloway à la steel, Howard Muelle à la guitare et Floyd Brasseaux au violon. A 15 ans, il se met à la batterie dans l'orchestre de son père, les Welcome Playboys. En 1957, à 18 ans, vague rock 'n' roll aidant (deux futurs grands du genre, Jerry Lee Lewis et Fats Domino viennent de percer en Louisiane et quelques musiciens cajuns locaux, comme Rod Bernard, Bobby Charles ou Johnnie Allan américanisent leur nom et les paroles de leurs chansons pour inventer un nouveau genre, sorte de rock 'n' roll cajun, le Swamp Pop), Belton monte un groupe de rock, les French Rockers, où son physique à la Elvis et sa voix romantique font merveille. Quelques mois plus tard, contre toute attente et surtout à contre courant de la mode, il revient à la musique cajun et crée les Musical Aces. Conscient que le musique cajun est alors dans une mauvaise passe et pressentant que la jeunesse locale est en attente d'une musique en Français revigorée, Belton Richard décide d'y incorporer des ingrédients nouveaux : tirant profit de sa période rock 'n' roll, il est le premier à intégrer une guitare basse dans un groupe cajun et à dépoussiérer les sempiternelles paroles de chansons ("tu m'as quitté pour t'en aller avec un autre"…) au profit de paroles plus modernes et plus élaborées. Doué d'un jeu d'accordéon époustouflant , il amplifie ses instruments, incorpore des accents rockabilly, country et rythm and blues à sa musique, y ajoute un duo de violons et produit une sorte de swamp pop en Français qui ne tarde pas à faire merveille chez les disquaires. Bien aidé par le producteur Floyd Soileau, qui est convaincu que la survie de la musique cajun (et de son propre business…) passe par cette modernisation (Soileau se laissera malgré tout convaincre quelques temps plus tard par Dewey Balfa de ré-enregistrer parallèlement de la musique traditionnelle…), Belton Richard se produit alors quasiment tous les soirs avec ses Aces dans les plus grands clubs de danse comme le Mid-Way à Breaux Bridge, L'Acadienne à Crowley ou le Bon Ton Rouley à Lafayette. Son "band" devient de loin le plus populaire dans le Sud-Ouest de la Louisiane et Belton obtient même une émission hebdomadaire à la radio et à la télévision. Quelques une de ses chansons comme "Un Autre Soir d'Ennui", "Donne Moi Une Autre Chance", " The Cajun Streak" ou ses plus belles valses comme "A Fool's Waltz" et "Just En Reve" sont de tels succès qu'elles sont sans cesse reprises par d'innombrables musiciens et font maintenant partie de la mémoire collective des Cajuns. En 1974, il joue une partie d'accordéon lumineuse sur une reprise par Johnnie Allan du "Promised Land" de Chuck Berry qui connaît un succès mondial ! En 1987, fatigué par plus de 35 ans de double vie (musique la nuit et travail le jour…) et après avoir sorti une trentaine de disques, il se retire pour se consacrer à sa famille. Mais la passion de la musique est trop forte et, quelques années plus tard, Il reforme les Musical Aces, retrouve le circuit des salles de danse et sort un CD en 1996, "I'm Back !", chez son producteur fétiche, Swallow Records. Aujourd'hui, Belton Richard est à son tour devenu un accordéoniste de référence. De nombreux jeunes, comme Wayne Toups, Jimmy Thibodeaux, Damon Troy, voire moins jeunes comme Walter Mouton, se réclament de son école. A un moment critique de l'histoire de la musique cajun, alors que d'autres que lui ont suivi un chemin plus axé sur la musique traditionnelle, Belton Richard a été lui aussi un précurseur, en ouvrant une autre voie, celle d'une musique à la fois ancrée dans ses racines et ouverte sur son siècle. Un choix qui s'explique par son parcours musical, bien sûr, mais également par le fait qu'en bon spécialiste des salles de danse, il savait qu'on n' assure pas ce genre de soirées uniquement avec une guitare acoustique et un triangle. Comme il le dit lui-même : "il y a du monde de la France qu'a venu pour écrire des histoires sur la musique cajun, mais quand ça a vu mon "band" équipé avec les "amplifiers", ça trouvait ça drôle ! Peut-être ça voulait trouver quelqu'un comme des Mormonts dans l'Utah, mais c'est pas comme ça ! Le 'tit fer va jamais faire la danse lui tout seul… D.L.
A écouter :
The Essential Belton Richard (Swallow SW 6117-2)
I'm Back (Swallow 6135)
Modern Sounds in Cajun Music (ACE CDCHD 378)

 

HORACE TRAHAN

Né en 1976, Horace Trahan réside à Ossun, un petit village près de Lafayette. Il apprend l'accordéon très jeune auprès d'un de ses grands oncles, Félix Richard, qui avait déjà, vingt ans auparavant, enseigné l'art de l'instrument à un autre Cajun célèbre, Zachary Richard. L'histoire raconte que c'est au Liberty Theater de Eunice qu' Horace monta pour la première fois sur une scène, après qu'un des responsables de la soirée, qui l'avait entendu jouer dans un bœuf en ville, l'eût persuadé de venir jouer un morceau devant les spectateurs de ce grand show retransmis en direct à la radio et à la télévision. Ce soir là, son interprétation de "Viens me Chercher" d'Iry Lejeune tira des larmes à l'assistance et lui valut une ovation debout… Considéré dès lors comme le digne successeur du grand Iry Lejeune, Horace débuta une carrière de musicien Cajun traditionnel pleine de promesses. Rien ne laissait supposer alors que ce Cajun pure souche se tournerait subitement, en juillet 1999, vers la musique Zydeco. C'est pourtant ce qu'il fit, avec les encouragements de son ami Geno Delafose. Ce choix lui valut réprobation et désaveu de la part de nombre de ses anciens amis… Deux ans plus tard, Horace Trahan a déjà sorti deux formidables CD de musique Zydeco, où l'on sent nettement l'influence de ses grands Maîtres à jouer, les accordéonistes John Delafose et Boozoo Chavis. Il est demandé dans tous les Etats-Unis et fait dores et déjà partie des Grands de la musique Zydeco.

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